n° 1 – Le duo Parisse Métisse

Pegase 21 s’envole aujourd’hui vers le sud du département du Nord à la rencontre d’un Duo musical exceptionnel : Parisse-Metisse

Laetitia et Jean-Baptiste Parisse, couple à la ville et partenaires dans ce Duo musical Sans Frontières, savourent chaque jour qui passe le bonheur de vivre leur passion et de la partager avec le plus grand nombre.

Laetitia, comment est née ta vocation musicale ?

J’ai commencé mon apprentissage dans une petite école de musique située à Saint-Aubert, dans le Nord de la France, où j’ai fait mes débuts en tant que clarinettiste dans une harmonie municipale multi-générationnelle au répertoire très varié.
C’est moi qui ai décidé d’intégrer cette petite école de musique dès mes 12 ans.

Pourquoi choisis-tu des déjà des instruments à vent ? Pourquoi la clarinette et la flûte ?

Les instruments à vent pour moi étaient une évidence, je jouais déjà de la flûte à bec depuis mon plus jeune âge et ça a été pour moi une révélation.
La clarinette, de par son esthétique et son timbre m’intéressait déjà beaucoup, le choix s’est très vite orienté.

C’est à partir de mes 16 ans, que je suis tombée « raide » amoureuse de cette petite flûte appelée « tin whistle », très populaire sur les iles britanniques, la musique celtique a été pour moi un gros coup de cœur, et c’est à cet âge que le film « Titanic » est sorti, électrochoc pour moi de découvrir cette musique festive, émotionnelle … j’avais envie d’être des leurs

Jean-Baptiste, tout petit tu baignes dans une ambiance musicale ? Tu dis que le déclic s’est produit à 17 ans, est-il lié à un événement particulier ?

Oui !! On écoutait énormément de musique à la maison ! J’étais déjà très sensible à la musique depuis l’âge de 6 ans. Mais le déclic s’est produit à 17 ans lorsque j’ai quitté le lycée professionnel, je devais prendre mon destin en main et je souhaitais devenir musicien et en faire mon métier.

A cette époque, tu es déjà fan du groupe « Magma » et de son batteur et leader Christian Vander ? Tu choisis donc la batterie que tu apprends en autodidacte ?

Le choix de la batterie était une évidence pour moi, car dans la musique que j’écoutais, la batterie avait un rôle très important, et j’aime le son, le contact physique avec l’instrument.

Oui, je suis fan de Magma depuis l’âge de 10 ans, sa musique me transporte et m’impressionne. Au début, dans l’écoute, je croyais qu’il y avait deux batteurs !!

Un jour, mes parents m’ont acheté une batterie « Gretsh » noire, la même que celle de Vander ! Elle appartenait à Pascal Cuvelier, un oncle qui jouait dans le groupe « Phase » à Aulnoye-Aymeries. « Si tu la veux, il faut que tu la mérites ! » m’a-t-il dit. Alors oui totalement autodidacte, j’ai appris en jouant sur mes disques, vinyles et CD. Et bien évidemment, le travail de Christian Vander et celui d’autres batteurs en même temps, m’ont énormément fait avancer, et ont construit ce que je suis maintenant.

La création de votre Duo Sans Frontières

Comment vous êtes-vous rencontrés ? A quelle époque ?

Laetitia : On s’est rencontré il y a près de 16 ans, dans cette petite école où j’ai grandi.

A cette époque, j’étais impliquée fortement dans la musique celtique et j’ai fait la rencontre de Jean Pierre Wargnier, un professeur de guitare, qui a eu l’excellente idée de proposer, avec Jean Baptiste, de former un trio de musique irlandaise.

Ta rencontre avec Jean Baptiste a-t-elle modifié et enrichi ton approche musicale ?

Oui la rencontre avec Jean Baptiste a complètement modifié et enrichi ma vie et mon approche musicale, par le partage, l’instant vibrant d’improviser ensemble, une réelle source d’inspiration, de recherche, d’expression, de regards complices pour mener notre musique ensemble.

Inversement Jean Baptiste, que t’a apporté ta rencontre avec Laetitia ?

Laetitia m’a apporté beaucoup de réponses, entre autres, la pratique d’instruments que je n’étais pas habitué à jouer, la possibilité de pouvoir ensuite conjuguer ces instruments avec ceux de Laetitia, de s’ouvrir sur les musiques du monde.

L’union fait la force ! Nous avons appris à connaître nos sensibilités, nos valeurs, nos faiblesses, et une complémentarité s’est installée pour avancer en équipe dans notre métier d’artistes musiciens.

Notre vie de mari et femme, a renforcé cette complémentarité, a créé une balance, un équilibre, car on aime vivre aussi de belles choses à côté de la musique, avec les voyages, la rencontre de personnes authentiques, le sport, la vie proche des animaux, de la nature. Cette alchimie renforce notre vie, notre union, nous rend fort et c’est essentiel.

Qu’est-ce qui a été à l’origine de la formation de votre duo Parisse-Metisse ?

La formation du duo « Parisse-Métisse » a vu le jour il y a moins de 10 ans, Nous avions l’envie de composer, de construire notre identité musicale, se produire davantage, de réaliser des tournées, et faire vivre notre musique au-delà des frontières.

Pourquoi s’intituler Duo musical Sans Frontières ?

Notre logo « Parisse-Métisse, Duo musical Sans Frontières » est à l’image d’un voilier, parcourant un monde idéal sans frontières, sans limite, à la rencontre des cultures, du partage humain, de la découverte de nouveaux territoires où la nature reste la plus authentique.

Que représente pour vous le mot « Metisse » ? Quel sens lui donnez-vous en relation avec les valeurs que vous défendez ?

Le mot « Métisse », signifie pour nous, la rencontre d’instruments de musique venant de territoires, de cultures différentes, L’acte de métisser, pour nous, et de jouer ces instruments ensemble sur des compositions. L’aboutissement de ce métissage donne une musique sensible, délicate, originale, nous dirions même émotionnelle.

Votre technique instrumentale passe par l’apprentissage d’instruments nouveaux.

Laetitia, tu pratiques la « gaïta galicienne » (une cornemuse traditionnelle), la Scottish Small Pipe (une petite cornemuse d’Ecosse), le Tin Whistle irlandais, et autres instruments à vent du monde (hulusi, flûtes amérindiennes etc…)

Apprends-tu seule, de façon autodidacte, avec d’autres musiciens ou en passant par des formations spécifiques ?

Pour les instruments de type « cornemuse », je suis autodidacte, mais pour enrichir mon parcours, j’ai réalisé quelques stages de musique galicienne, par exemple lors du Festival de Musiques Traditionnelles au Château d’Ars, ou auprès de Benoit Kensier, un gaïtero de Bruxelles,

Au Château d’Ars dans l’Indre, sont présents de nombreux facteurs d’instruments traditionnels de l’Europe, des musiciens qui proposent des initiations, des stages de musique. On peut y voir une multitude de concerts avec des artistes de renom. J’ai même découvert le bagad de Quimper qui m’a totalement transporté !!

Je vais aussi voir des concerts d’artistes qui m’influencent comme Carlos Nunez, Tri Yann, Gwendal …, j’écoute beaucoup d’albums et, dès lors qu’un titre me plaît, je reproduis la mélodie à l’oreille.

Pour le « tin whistle », je pars très régulièrement en Irlande pour m’enrichir culturellement. Je pratique en autodidacte par l’écoute de musiques irlandaises et je reproduis le plus fidèlement possible, Je m’appuie aussi sur les méthodes « Irish Tradschool » de Stephen Duke qui formalise à merveille la démarche d’ornementation.

Pour les instruments à vent du monde, type hulusi (flûte chinoise), et les flûtes amérindiennes, de la même façon je pratique en autodidacte. J’écoute beaucoup d’extraits sur le Net, je reproduis, j’apprends tout d’oreille, je m’influence beaucoup d’un artiste multi-instrumentiste allemand, nommé « Nadishana » qui pratique merveilleusement ces instruments.

Pour les clarinettes, j’ai commencé par une formation classique et me suis très vite orientée vers les musiques actuelles (musique du monde, jazz) celles qui me correspondaient plus dans l’approche et l’orientation que je recherchais.

Des artistes m’influencent tout autant comme David Krakauer ou encore Yom.
Pour ces instruments, j’ai suivi un cursus d’apprentissage plus classique au Conservatoire de Cambrai et Valenciennes, le Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes et le Conservatoire de jazz de Tourcoing.

Le Rav Drum, qui est un métallophone aux sonorités hypnotiques, a été pour moi une grande révélation. Il constitue l’empreinte harmonique, mélodique et percussive que je recherchais dans les compositions du duo Parisse-Métisse.

Et enfin, j’aime aussi les percussions, que je pratique aussi de manière autodidacte et en me documentant beaucoup sur le Net grâce aux tutoriels proposés.

En quoi la « gaïta galicienne » diffère-t-elle des modèles de cornemuse qu’on peut trouver partout dans le monde ?

J’aime la « gaïta » galicienne par son timbre, son esthétique, son répertoire festif, enjoué. Elle est un reflet de ma personnalité vive et débordante d’énergie !
Elle est aussi très polyvalente et permet de jouer un bon nombre de répertoires issus de cultures différentes (celtiques, des Balkans).

C’est un instrument espagnol qui signifie « cornemuse ». Il en existe plusieurs variantes dans la péninsule ibérique (Portugal, Asturies) mais aussi dans toute l’Europe (Grèce, Balkans, Slovaquie, Moldavie, Roumanie… ) ainsi qu’en Amérique Latine. C’est un instrument beaucoup utilisé lors des festivals interceltiques

Jean Baptiste, tu utilises différents instruments de percussions, dont certains ne sont pas familiers au grand public, peux-tu en citer quelques-uns avec leurs caractéristiques particulières ? : Djembé, Tabla, Udu et autres ?

Commençons par ma première percussion : le djembé. J’aime le son très dansant qui dans mes premiers pas me rappelait la batterie. Je pratique différents djembés issus de cultures africaines différentes (Guinée, Mali et Burkiba Faso), je m’empare des rythmes de ces cultures pour les traduire ensuite dans mon expression personnelle.

Ensuite, les tablas. Je suis très impressionné par la délicatesse du jeu, du son et de la technique. De la même manière je me nourris d’artistes indiens, comme Trilok Gurtu, Zakir Hussain, des monstres de la même envergure que Christian Vander !!!

Enfin, le « Udu », magnifique découverte de cet instrument en argile équipé de peau de frappe, fabriqué par les bons soins de Christian Gauche, chez « Terre et sons ». J’aime encore une fois les divers touchers et sonorités vibrantes proches du « ghatam » indien.

Pour synthétiser, étant moi-même en symbiose avec la nature, j’aime tous les instruments fabriqués avec des matériaux naturels.

Vos formations, votre professionnalisation, votre évolution

Laetitia, tu fais preuve d’une grande volonté de toujours apprendre. Comment vient cette soif d’apprendre et ce désir de professionnalisation ?

En 2009, tu décides d’entreprendre une formation professionnelle au sein du Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes

En 2010, tu deviens diplômée par la Fédération Nationale des Ecoles d’Influences Jazz et Musiques Actuelles de Paris.

En 2010 également, tu rejoins pour une durée d’1 an, l’école de jazz de Tourcoing

Oui, ces formations m’ont beaucoup apportées. Elles sont venues compléter ma pratique au sein des groupes de musique que je souhaitais voir émerger à l’époque.

J’ai décidé en 2009, de consacrer ma vie à la musique, que j’aime par dessus tout. Cette volonté d’apprendre est omniprésente, c’est un métier tellement difficile qui demande d’être toujours très performant et à la recherche de ce que nous sommes au plus profond de nous.

Les formations ont servi à me connaître davantage, à reconnaitre mes valeurs, mes failles. Elles m’ont permises de rencontrer de très bons musiciens, étonnants, Ce sont aussi des lieux de rencontre et d’enrichissement.

Que t’as apporté cette professionnalisation ?

Entre autres, l’école de jazz de Tourcoing t’apprend à développer ta capacité à improviser.

Cette professionnalisation est une forme de légitimité. Elle permet de valider ta place dans ce milieu, de te battre ensuite pour faire valoir ta musique, ta démarche.

Oui, en effet, le Conservatoire de Jazz de Tourcoing comme le Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes m’ont donné les clés pour entreprendre autant sur le plan artistique (technique instrumentale, interprétation, improvisation) que sur l’entreprenariat (veille médiatique, relationnel, démarchage, montage de projets sur le plan administratif et financier …), Tu acquiers les cartes nécessaires pour entreprendre.

Jean-Baptiste, tu fais ton apprentissage au sein de plusieurs groupes ?

J’ai fait partie de groupes locaux qui m’ont permis de faire des premières parties d’artistes connus. Oui, ces expériences ont bien enrichi mon parcours.

Mais, très vite, tu cherches à te perfectionner et dès 1998, tu t’inscris au Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes dans le but d’une formation de professionnalisation aux métiers de la musique ?

Enfin je me retrouve dans un milieu qui respire la musique, entouré de passionnés, de chouettes rencontres qui sont devenues amicales, comme Gérald Monceau (batteur des Rita Mitsouko), Pascal Schefferzick, Patrice Coeugniet, Eric Plantain.
C’est une formation qui m’a aidée à voir plus loin avec de nouvelles réponses.

Après donc avoir été élève au Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes, tu rejoins cet établissement en qualité d’enseignant. C’est une reconnaissance et une prise de confiance qui te conforte dans la voie que tu as choisie ?

Un jour, Eric Plantain (ndlr : le directeur pédagogique du CMA), m’appelle pour me demander si je veux être prof de batterie au CMA, j’ai accepté et j’ai donné des cours durant un an et demi.
Ce fut évidemment une reconnaissance et une prise de confiance qui ont donné du sens à ce que je ressens vis-à-vis de la transmission, une forme de fierté.

Votre travail artistique – vos influences – vos expériences

Vous parlez d’influences africaines, asiatiques et orientales, quelles sont-elles, d’où viennent-t-elles ?

Jean-Baptiste : La donnée d’entrée est bien l’instrument que nous souhaitons pratiquer et qui se réfère à une culture musicale et donc le choix d’écoute d’artistes en la matière. Nous écoutons des artistes qui nous influencent dans notre pratique, et qui ont une esthétique musicale « world music » avec une pointe de modernité.

Nous pensons tout de suite à certains artistes entre autres, comme Mike Oldfield, Trilok Gurtu, Manu Dibango, Karim Ziad, Ibrahim Maalouf, Julien Loureau, André Ceccarelli, Magma, Gong, Kate Bush, Carlos Nunez, Cristina Pato, Robert Plant, …

Les origines sont entre l’Asie, l’Afrique, l’Europe … c’est une ouverture large sur le monde musical moderne.

Nous aspirons très prochainement à des voyages culturels pour enrichir nos influences.

Lorsque vous abordez les thèmes festifs galiciens, à quoi font-ils référence ?

La musique galicienne, est une musique à danser, et nous interprétons dans notre répertoire des Muiñeiras galiciennes, nous rentrons tout de suite dans un esprit de fête, d’unité.

Les « muineiras » sont des danses traditionnelles espagnoles de Galicie et nous aimons cette dynamique, cet esprit de fête que génère cette musique et cette danse incroyablement athlétique et très variée d’un point de vue chorégraphique !!

Soumise au silence pendant des décennies de franquisme, la culture galicienne connaît une véritable renaissance depuis les années 80. La musique galicienne est le véritable symbole de cette renaissance, séduisant le public par son mélange entre influences espagnoles, portugaises ou irlandaises. Derrière des stars comme Carloz Núñez, Susana Seivane, Cristina Pato, Hévia,  qui portent les couleurs de la Galice dans le monde entier, c’est aussi un milieu musical amateur qui se développe à travers les bandas de gaïtas, les bagadoù à la sauce galicienne. Un modèle de développement qui n’est pas sans rappeler celui de la musique bretonne !

Je développe, entre autres, l’apprentissage de danses galiciennes auprès d’un jeune public dans des projets d’éducation artistique en primaire.

Ensemble, vous avez joué ou vous jouez encore dans plusieurs formations, Noom, Embarquement Immédiat, Lodàn, AïNa …

Parlez-nous de ces expériences musicales qui ont enrichi votre répertoire et votre identité musicale

« Noom » (qui veut dire « rêve » en arabe) a été votre premier groupe de « World Music » qui mêle les genres et les sonorités, mais plutôt « rock » ?

« Noom » est le premier groupe dont nous sommes les membres fondateurs. Un partenariat de près de 10 ans avec les frères Thierry et Jean-Pierre Wargnier.

Une identité musicale forte d’empreinte de nos différentes influences musicales, un enrichissement évident ! Un bon groupe de rock qui envoyait du lourd !!!

Nous avons ensuite fondé « Embarquement Immédiat », un groupe de musique du monde, une invitation au voyage qui déclenché un intérêt grandissant pour la recherche de sons, de timbres grâce à l’apport de nouveaux instruments.

« Lodàn » (qui veut dire « partage » en breton), mêle dans son répertoire, les grands tubes bretons aux airs traditionnels irlandais et galiciens.

Retour au rock ! avec le groupe Lodàn, qui sortira son prochain album courant 2021, avec des compositions menées avec l’écriture de chacun et aussi des arrangements réalisés par Albin Suffys.

Le groupe Lodàn (photo La Voix du Nord) avec de gauche à droite Alain Suffys, Laetitia Parisse, Didier Recolet et Jean-Baptiste Parisse

Un enrichissement évident par ce mélange d’influences, de méthodes de travail, et d’expressions musicales libres dans un répertoire aux empreintes celtiques. Un groupe étonnant !!!

« AïNa » est un groupe de « World Jazz Music » avec l’artiste mexicaine Dyhanna Shanti comme chanteuse et violoniste.

Nous avons fondé en 2018 le groupe « Aïna World Jazz » car nous avions l’envie de réunir des artistes issus du jazz et la world music.

En effet, nous avons pensé à Dyhanna Shanti, d’origine mexicaine, pour sa culture, son talent en qualité de violoniste et de chanteuse, à Albin Suffys, artiste très curieux et ingénieux avec une empreinte musicale propre à lui, toujours à la recherche d’une singularité musicale

Le groupe AïNa (Photo La Voix du Nord du 31/12/2019) de gauche à droite : Albin Suffys, Dyhanna Shanti, Jean-Baptiste et Laetitia Parisse

AïNa s’invente et se réinvente dans le mélange des timbres en accueillant la pianiste belge Anne-Sophie Marquant. Le mélange de l’ancien et du moderne offre des possibilités infinies.

Lors de concerts ou de festivals, vous rencontrez de nombreux artistes. En quoi ces rencontres sont-elles importantes dans votre parcours ?

Oui, la rencontre avec les artistes est fondamentale, « ressourssante », bonifiante ! Il est très important de s’enrichir en allant voir les concerts, en rencontrant les artistes. Souvent, ils nous donnent de nouvelles clés pour progresser et avancer sur notre chemin de vie.

Votre dernier album « At home to imagine the trip » est disponible depuis juillet 2020. Il a vu le jour pendant la période du confinement ?

Oui, il a été imaginé et composé pendant la période du premier confinement dans notre studio de répétition et d’enregistrement.

Vous dites que c’est votre premier « opus ». Que signifie ce mot pour vous ? Et pourquoi qualifier votre album avec cette expression ?

L’expression n’est pas bonne, il s’agit plutôt du volume 1 d’une longue série que nous souhaitons mettre en œuvre. Le terme « Opus » qui signifie « œuvre » est réservé au monde classique.

Vous l’avez conçu pour que l’auditeur puisse pénétrer dans votre univers musical, à travers vos voyages, vos influences, vos sources d’inspiration ?

Oui ! Les compositions sont liées à des voyages que nous avons réalisés, à des histoires de vie. Des mélodies ont émergé avec des instruments aux sonorités qui invitent au voyage, à l’imaginaire, au zen, au contemplatif pour le bien être.
Nos influences ont nourri ces compositions, elles émergent grâce à la nature, les animaux, la liberté de voyager, la liberté de s’exprimer. Ce sont les valeurs que nous défendons.

Quatre titres sont en anglais, pourquoi l’anglais ?

L’anglais est la langue universelle et pour nous, il est important de dépasser les frontières pour être compris et entendu du monde entier.

Parlez-nous de votre façon de composer. Que cherchez-vous à exprimer ? Quelques exemples

« Jungle of Jb » – Entre l’Afrique et l’Amérique Centrale, un titre aux expressions exotiques qui invitent à la danse. On souhaite exprimer avec ce titre des rythmes enjoués avec le djembé et des mélodies afro-jazzy grâce au whistle.

« Happiness in the meadow » – Est un hommage à notre Dame Nature, tellement généreuse avec sa nature flamboyante et ses oiseaux aux expressions variées. Une nature pourtant vulnérable face aux agressions de notre société moderne.

Ce titre à 3 grandes parties : la première montre l’insouciance de la nature, la naissance des oisillons, l’éclosion des fleurs … soit un thème mélodique enjoué, majeur.

Une seconde partie démontre les méfaits de notre société sur l’écosystème, soit un univers plus mineur et répétitif, un énervement exprimé par la flûte et le gong.

Une troisième et dernière partie, où dès lors que la tension s’est installée, il y a une nouvelle résolution, une détente, une prise de conscience, une modification de notre vie pour l’adapter à notre environnement.

« Irish road trip » est une composition aux influences irlandaises, fruit d’un voyage réalisé à la découverte des montagnes du Kerry. Une douce mélodie créée et une partie centrale qui module vers un univers musical incertain, il s’agissait d’ascensionner la montagne la plus haute d’Irlande, le « Carrauntuohil », où nous devions gravir l’échelle du Diable, très glissante et accidentée.
Ces faits de vie apportent beaucoup sur le plan musical, pour le choix des modes, de l’harmonie, du rythme.

« Hamataï fü zanka » – Cette composition a vu le jour grâce au Rav Drum, Ses sonorités ont conduit d’autres instruments à s’y joindre, comme le hulusi (flûte chinoise), les tablas indiennes et le udu.

Cette composition signifie « Salutation au soleil » et on parle à nouveau de ce bonheur de respirer le parfum de l’arbre, sensation agréable dès la venue du printemps, des mélodies naissent, des rythmes, une harmonie pour soutenir cette composition de renaissance de la nature.

Souvent dans les compositions, il est important pour moi de définir un thème principal comme un refrain, une mélodie ensuite plus libre en terme de variation et surtout un pont qui donne du relief à la musique en mettant en évidence une modulation majeure ou mineure afin de revenir sur le thème principal.

Ce titre a la particularité d’être écrit en en dialecte kobaïen, un langage créé par Christian Vander, le leader du groupe Magma. Expliquez-nous comment les émotions que cette langue (que vous qualifiez de « céleste ») vous procure, intervient dans le processus créatif de vos compositions ?

Cette langue venue d’ailleurs et une langue de guerrier défenseur de la nature, et c’est ce que nous sommes. Admiratif de l’univers kobaïen, nous avions l’envie de l’utiliser dans des compositions.

On aime la phonétique de cette langue, la rythmique des mots, un lexique de mots fortement engagés qui ouvrent la porte d’une création musicale qui nous aide à défendre les causes qui nous sont propres.

Parlez-nous de vos autres activités annexes et de « Noomasso »

Nous avions créé l’association « Noomasso » qui avait pour but de promouvoir les activités culturelles (concerts, stages, interventions musicales dans différentes structures etc…). Aujourd’hui, elle n’existe plus car nous intervenons maintenant en auto-entreprise et sous le statut d’intermittent du spectacle.

Laetitia, Après 2015 et ton diplôme du Centre de Formation de Musiciens Intervenants à l’université Lille 3, tu te spécialises dans la création d’instruments avec des objets détournés et tu crées divers spectacles atypiques ?

Peux-tu nous parler de ces expériences ?

Oui en effet, j’écris, je monte et je mène des spectacles pour enfants en milieu scolaire. La démarche de créer ses propres instruments suscite l’intéressement, la curiosité de faire, de jouer en collectif, il y a une démarche de revalorisation des objets, ce qui est pour moi, très important dans l’ère du temps.

Entre autres j’ai réalisé quelques spectacles, comme « le voyage cyclophonique » au Théâtre de Cambrai (avec des pièces de vélos), « le voyage hostophonique » à l’Hôpital de Le Quesnoy (avec des objets de l’hôpital) et « le centenaire de la paix » au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes (avec des objets de la guerre).

Je souhaite sensibiliser sur le fait que nous sommes capables d’entreprendre et de créer de nos propres mains, et de s’exprimer artistiquement sur scène.

Vous aimez tous les deux beaucoup l’Irlande. Qu’est-ce que ce pays vous inspire ?

L’Irlande est pour nous une terre pure d’inspiration, de beauté, de paysage, de culture musicale, de ressourcement à travers nos randonnées sur tout le territoire.
Nous l’aimons aussi pour les irlandais !!! Ils sont de très bon accueil, on se sent très vite comme à la maison.

Vous aimez aussi la nature et les grands espaces ? Parlez-nous de la montagne. Qu’est-ce qu’elle vous apporte ?

Et oui, nous sommes des amoureux de grands espaces … et la montagne en fait partie, nous partons régulièrement en road-trip dans les Hautes Alpes avec notre van et nos vélos.

La montagne nous apporte énormément, la force mentale, physique, ce silence, ce paysage à couper le souffle qui nous inspire et nous guide vers les plus hautes cimes possibles.

On s’est toujours dit qu’un jour nous ferions des concerts sur les plus hauts sommets d’Europe !!

Votre énergie et votre bonheur de vivre à travers la musique transparaissent dans vos spectacles, vos enregistrements et jusqu’à dans votre vie quotidienne. Expliquez-nous votre philosophie du bonheur et la nécessité de le partager avec le plus grand nombre.

C’est l’amour !! On est un couple avant d’être musiciens. Aussi la clé du succès, c’est de partager les mêmes passions, d’être en osmose totale, que ce soit musical, dans les voyages, le sport, dans la manière de vivre notre vie. Toujours en quête de voir plus loin ensemble, de se projeter. Et oui, cela se lit dans nos regards, nos sourires, dans notre manière d’agir.

Dans le contexte actuel de pandémie, un monde sans artistes est tellement triste. Comment survivre ? Quels projets pouvez-vous développer en dépit des difficultés ?

Aujourd’hui, nous bénéficions de l’intermittence du spectacle, qui est une chance dans notre pays, mais cette situation ne peut perdurer évidemment si le contexte ne s’améliore pas.

Etant donné, que nous ne pouvons plus se produire sur scène, nous réalisons diverses résidences par exemple, celle au sein de la MJC Espace Hélios de Lambres-lez-Douai pour affiner notre travail scénique, actualiser et enrichir notre communication via photos, audios, vidéos, interview radio, magazine.

Ensuite, les groupes scolaires sont demandeurs de projets culturels, donc il s’agit de mettre sa casquette de « musicien intervenant » pour apporter ce souffle que le monde a besoin. Cette polyvalence que nous nous sommes créée au fil du temps est une chance pour continuer à être en contact avec la culture et ne pas déroger de ses orientations et de ses convictions les plus profondes.

Nous espérons revenir sur scène très prochainement pour partager notre musique, et continuer à être ce que nous sommes.

0 commentaire sur “n° 1 – Le duo Parisse Métisse”

  1. Waouhhhh !!!
    Elle déchire cette revue 👍
    Magnifique représentation de votre travail et de ce que vous êtes… Il en émane de bonnes énergies tout en couleur qui donnent envie de découvrir votre univers. Je kiffe ! Bravo !

  2. Coucou les amis, merci pour ce lien vers cet article très bien rédigé et qui vous a permis d’exprimer le fond de votre travail d’artiste. Bravo.

  3. Très belle année sous le signe du rebond de créativité et de la diffusion de votre album. Je vous souhaite d’explorer de nouveaux territoires avec votre musique. Une belle santé pour tenir sur les routes de votre camino musical. bon courage et plein de belles émotions en partage. 🥰A vous 2 et 👍pour le bel et long article de Pégase. 🥰🥰🥰 Letty

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